Thierry Robin
Thierry Robin a une drôle de dégaine ; il est un peu raide, porte une moustache fine et a l'air rigolard. On voit tout de suite que c'est quelqu'un qui n'aime pas faire des choses attendues.Si le bonhomme n'a pas une allure banale, son parcours ne l'est pas non plus.Il naît en 1957, au cœur même de la douce France, là où coule la Loire et où le paysage est tout en rondeurs. Dès 1975, il se met sérieusement à la musique et se penche vers le répertoire musical traditionnel de l'Ouest de la France. Mais, en douce, il apprend le luth et, en 1984, il commence à se produire avec Hameed Khan, un percussionniste du Rajasthan.Très vite, Thierry Robin s'est passionné pour les résonances entre les musiques du monde, si éloignées par la géographie et si proches par le cœur. Après avoir fondé "Nao", un orchestre pluri-divers-multi-culturel (où se confrontaient traditions tzigane, indienne, marocaine, française, kurde et celtique) en 1985, Thierry commence à travailler de plus en plus avec Erik Marchand, un breton fasciné par l'Europe Centrale. Parallèlement, car il déteste se laisser enfermer, Thierry compose pour un groupe franco-maghrébin nommé "Johnny Mitcho". En 1989, Thierry entraîne son vieux complice Hameed Khan et ses tablas au sein de l'aventure du "Erik Marchand trio" ; au menu : chant breton, rythmes de l'Inde du Nord et oud, car Thierry n'est pas seulement un guitariste hors pair. Au fil des ans et des rencontres, Thierry Robin explore les traditions musicales, opérant des mélanges en respectant totalement l'esprit de base. Pas question de coller des cris de pygmées pour faire vendre une soupe pseudo techno agrémentée de Lambada. Son approche est avant tout celle d'un musicien qui étudie humblement les traditions avant d'oser s'y attaquer. Et il ne s'y aventure qu'en très bonne compagnie. Par exemple, pour son album intitulé "Gitans", il est allé chercher la musique gitane à sa source, à savoir l'Inde. Puis il a demandé à de splendides gens du voyage de l'accompagner : Gulabi Sapera (danseuse et chanteuse aérienne venue du Rajasthan), l'accordéoniste Francis Varis, Abdelkrim Sami "Diabolo" (percussionniste marocain, au bendir et au derbouka) et au flamboyant Paco El Lobo, cantaor de flamenco. Vers quelle rive, vers quel terrain vague la caravane de ce nomade déconcertant va-t-elle se poser ? Seule sa guitare a la réponse. Et encore, ce n'est pas sûr...
Magali Bergès
Réagir
Site web de l'artiste
Copiez et collez dans votre blog le code ci-dessous:
|